Etats Généraux de l’alimentation : Renforcer la puissance agricole

Initialement envisagée le 10 juillet, l’ouverture officielle des États-généraux de l’alimentation s’est déroulée hier jeudi 20 juillet en présence de nombreux ministres et professionnels de  l’agroalimentaire. Philippe Pinta et Jean Marc Bournigal étaient présents à Bercy.

« La France est une puissance militaire. Elle est une puissance diplomatique, économique, culturelle. Elle est aussi une grande puissance agricole. (…) un élément de souveraineté nationale. A nous de le préserver et de renforcer cette puissance. » a déclaré Le Premier Ministre, Édouard Philippe en préambule. Des propos qui méritent d’être salués et auxquels l’AGPB souscrit pleinement. Mais au-delà que nous réservent ces Etats Généraux de l’Alimentation (EGAlim) ?

Ces EGAlim, promesse électorale d’Emmanuel Macron, ont vocation principale à répondre à la thématique de la juste répartition de valeur dans l’ensemble des maillons des filières. Pour autant, au vu des signaux lancés par le Ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, on perçoit un objectif sous-jacent qui est celui de l’amélioration de l’offre agricole et alimentaire en termes de durabilité (services environnementaux, biodiversité, préservation de la ressource en eau, qualité de l’air, diminution des intrants, bien-être animal…). Pour Philippe Pinta, « ces Etats Généraux de l’Alimentation ne doivent pas être un Grenelle Bis ».

Le gouvernement s’est fixé 4 objectifs principaux :

  • Créer une plus juste répartition de la valeur dans les filières,
  • Conforter la confiance des français dans une alimentation toujours plus saine et durable,
  • Améliorer l’accès de tous à une alimentation de qualité,
  • Réconcilier agriculture et environnement.

14 ateliers se dérouleront d’ici au mois de Novembre et engageront en région, des débats et des échanges avec les acteurs des filières et de la société. Il est donc de la responsabilité de l’AGPB et de la filière dans son ensemble d’investir ces chantiers et ateliers pour peser sur les discussions et partager nos attentes, nos propositions et les leviers d’actions pour répondre aux défis du monde agricole. Ces EGAlim offrent aux filières végétales l’opportunité de s’exprimer sur plusieurs thématiques proposées avec plus ou moins d’importance selon les ateliers :

Chantier N°1

  1. Améliorer la durabilité et mieux rémunérer l’offre alimentaire
  2. Développer l’offre alimentaire de proximité
  3. Développer la bio-économie et l’économie circulaire
  4. Développer l’exportation
  5. Investissements publics, recherche, innovation, conseil agricole, aide alimentaire
  6. Rendre les prix plus rémunérateurs pour les agriculteurs:
  7. Organiser l’offre agricole : regroupement, contractualisation, coops, OP, interprofessions, visibilité
  8. Améliorer les relations commerciales dans la chaîne alimentaire : bilan de la réglementation, transparence, rôle de la GMS

Chantier N°2

  1. Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation dans une économie agro-alimentaire mondialisée et dans un contexte de changement climatique
  2. Améliorer l’offre alimentaire et réduire les inégalités sociales et territoriales
  3. Mieux informer le consommateur pour qu’il adopte un comportement alimentaire plus favorable à la santé
  4. Lutter contre le gaspillage alimentaire
  5. Réussir la transition écologique de notre agriculture
  6. Renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation

Vu l'ampleur des sujets, le calendrier est tres serré. une consultation publique est lancée depuis hier. Les premiers ateliers débuteront le 29 aout jusque fin septembre, notamment sur le 1er chantier de répartition de la valeur. Dans la foulée, le 2eme chantier s'ouvrira début octobre, pour une restitution finale  mi décembre. Dans cet intervalle, le gouvernement a lancé une consultation publique www.egalimentation.gouv.fr

Pour Edouard Philippe : « La transition écologique n’est ni une mode, ni une idéologie. (…) Elle est une tendance de fond. (…) S’adapter n’est jamais facile. ». C’est en ces termes que le Premier Ministre a conclu son discours du 20 juillet.