Philippe Pinta rencontre Stéphane Travert

Philipe Pinta, accompagné de Jean-Marc Bournigal, a été reçu hier par le Ministre de l’agriculture et de l’alimentation Stéphane Travert. Lors de cet entretien le Président de l’AGPB a pu exposer la situation économique préoccupante des céréaliers français et développer les sujets d’actualités syndicales comme les distorsions de concurrence de la PAC ou le plan de filière présenté en décembre faisant suite aux Etats Généraux de l’alimentation.

Philipe Pinta est revenu sur la situation économique fortement dégradée du secteur et a demandé au ministre de maintenir les mécanismes d’accompagnement de cellule de crises qui ont été mises en place en 2016 au vu des situations très difficiles que de nombreuses exploitations connaissent encore cette année en raison de la faiblesse des prix.

Sur les Etats généraux de l’Alimentation, le ministre a réaffirmé les fortes attentes du gouvernement sur la dynamique engagée autour des plans de filière et sa volonté de mobiliser les différents moyens de l’Etat pour les accompagner ces démarches. Il a notamment mis en avant l’importance particulière de la compétitivité pour la filière céréale dont les prix directeurs sont indexés sur le marché mondial et l’importance de l’exportation.

Le Prédisent de l’AGPB a confirmé l’ambition de la filière et la nécessité d’avoir une approche économique et pragmatique, rappelant les attentes fortes de la filière vis-à-vis de l’engagement de l’Etat :

  • L’accès aux moyens de production, et notamment le dossier des produits phytosanitaires ; Le ministre a indiqué sa détermination à en réduire l’usage mais son attachement à une démarche basée sur des solutions et sans impasses techniques ou économiques et à sa vigilance à maintenir une approche commune au niveau communautaire.
  • La nécessité de prendre en compte la compétitivité dans les politiques publiques pour les dossiers liée à la logistique ou l’usage de l’eau ou encore sur la répartition des aides. Philippe Pinta a exprimé vivement ses inquiétudes quant aux choix de redistribution des aides en France qui aboutissent aujourd’hui à de véritables distorsions vis-à-vis de nos principaux concurrents en Europe, notamment l’Allemagne. La situation est particulièrement injuste dans les zones intermédiaires ou les niveaux d’aides sont les plus bas. Le président a demandé un arrêt de la redistribution des aides et un rééquilibrage pour ceux qui ont les aides les plus faibles.
  • Sur le sujet du classement des zones défavorisées, le Président de l’AGPB a fait part de ses préoccupations sur l’état des discussions ou de nombreuses zones intermédiaires n’étaient pas prises en compte et de son souhait que l’état prennent la mesure des difficultés particulières de ces zones en diligentant une mission dédiée.
  • Les attentes en matière d’épargne de précaution et d’application des avancées permises par le règlement Omnibus en matière d’assurance climatique, pour améliorer la résilience des exploitations agricoles.

Sur l’ensemble de ces demandes, le Ministre s’est montré à l’écoute et a déclaré être très conscient des contraintes de la filière liée à son positionnement en prise sur le marché mondial et l’attachement que le gouvernement y portait. Il a indiqué travailler avec le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, sur l’épargne de précaution dans le cadre d’une réflexion sur la fiscalité et a indiqué regardé personnellement le dossier zones défavorisées et zones à faible potentiel au vue de l’importance des enjeux.

Prochaine rencontre prévue au Congrés des Céréaliers Dijon 2018