Annoncé par la Commission Européenne pour répondre à la flambée historique du prix des engrais devenus inaccessibles, le plan de soutien exceptionnel de 540 millions d’euros n’a toujours pas bénéficié aux agriculteurs français. Alors que les céréaliers sont au cœur d’une crise économique sans précédent et doivent anticiper dès la moisson leurs approvisionnements en engrais pour les cultures de l’année suivante, l’AGPB appelle le gouvernement à agir sans délais pour renforcer et déployer ce dispositif de manière simple et accessible.

« Si la Commission Européenne a enfin pris conscience de la gravité de la situation en annonçant un plan de soutien exceptionnel pour l’achat d’engrais suite à notre mobilisation, ce n’est visiblement pas le cas du gouvernement qui ne cesse de tergiverser sur la concrétisation à y donner pour les agriculteurs français ! » fustige Éric Thirouin, le président de l’Association de Producteurs de Blé et autres céréales (AGPB).

Annoncé le 10 juin par le Commissaire Hansen pour appuyer les agriculteurs dans leur approvisionnement d’engrais pour les prochains semis, ce dispositif doté de 540 millions d’euros vise à garantir les prochaines récoltes essentielles à la souveraineté alimentaire européenne. Une enveloppe conséquente mais néanmoins largement insuffisante une fois répartie entre les états concernés qui avaient alors la possibilité de compléter cette aide par des fonds nationaux.

En France, le Gouvernement semble pour l’heure jouer la montre en dépit de l’urgence : à ce jour, les agriculteurs restent toujours en attente du déploiement de l’enveloppe européenne et de connaître ses modalités d’accès. Quant à un complément budgétaire à la hauteur des besoins réels, l’incertitude reste totale.

Alors que les moissons en cours laissent présager des résultats très pessimistes sur certains territoires et s’accélèrent sur tout l’hexagone sous l’effet de la canicule précoce de la semaine dernière parfois suivie d’orage dévastateurs, l’inquiétude grandit chez les céréaliers français dont les trésoreries sont désormais dans le rouge pour la quatrième année consécutive.

« Dans quelques semaines, une partie de nos récoltes sera achevée et nous ne savons toujours pas si nous aurons les moyens d’acheter de l’engrais pour la prochaine campagne. C’est pourtant aujourd’hui que nous devons anticiper nos assolements et nos approvisionnements avant les prochains semis, après il sera trop tard ! » alerte le président des Céréaliers de France qui réitère les demandes de l’AGPB au Gouvernement : « Notre demande est claire : la mise œuvre immédiate du déploiement des aides européennes par des conditions simples et accessibles à tous les producteurs ».