À quelques jours du sommet européen consacré au budget de l’Union qui se tiendra les 15 et 16 octobre à Bruxelles, l’AGPB alerte sur la proposition portée par la présidence irlandaise. Présenter la PAC comme « préservée » ne résiste pas à l’examen : le texte maintient les coupes proposées par la Commission et renvoie une partie des financements agricoles à des choix nationaux facultatifs, sans garantie pour les agriculteurs et sans assurer une répartition équitable entre États membres. Même dans le scénario le plus favorable, le budget de la PAC français pourrait reculer de 25 % en euros constants.
Cette proposition est à rebours des discours tenus ces derniers mois par les autorités françaises et européennes sur la souveraineté alimentaire, la sécurité des approvisionnements et la nécessité de renforcer la production agricole. Alors que les agriculteurs font face à des crises économiques, climatiques et géopolitiques à répétition, les moyens prévus pour l’agriculture sont largement insuffisants.
L’AGPB attend que les déclarations du week-end du président de la République en faveur d’une Europe plus souveraine et plus compétitive se traduisent dans la position française sur le budget. Ces ambitions ne pourront pas se concrétiser sans un budget agricole à la hauteur des enjeux. La souveraineté alimentaire européenne ne peut reposer sur des financements hypothétiques ou facultatifs.
Pour l’AGPB, le message est clair : si l’Europe veut davantage de production, de résilience et de souveraineté, elle doit donner à sa politique agricole les moyens correspondants. L’AGPB appelle Emmanuel Macron et Annie Genevard à défendre cette exigence avant le sommet.
Une PAC affaiblie serait en contradiction directe avec les objectifs affichés par la France et l’Union européenne.

