Paris, le 06 octobre 2026 : Les associations spécialisées « grandes cultures », AGPB,
AGPM, CGB, FOP et UNPT, dénoncent la décision annoncée par le Gouvernement de
fixer par arrêté une teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés à 40 mg/kg
dès 2028 puis 20 mg/kg en 2030, alors que la norme européenne est aujourd’hui fixée
à 60 mg/kg.

Les associations grandes cultures avaient pourtant alerté le Gouvernement et les
parlementaires depuis des mois : la France ne peut pas imposer à ses agriculteurs une
trajectoire nationale plus stricte que le cadre européen sans en mesurer précisément les
conséquences. L’enjeu sanitaire doit être traité sérieusement, mais seulement avec une
trajectoire fondée sur la science, la disponibilité réelle des engrais et les conséquences
économiques pour les producteurs.

Le Gouvernement va aujourd’hui beaucoup plus vite que la trajectoire qu’il soumettait
lui-même à consultation il y a quelques mois : 60 mg/kg en 2027, 40 mg/kg en 2030, une
étude d’impact avant 2032 et 20 mg/kg au plus tard en 2038. Quelle nouvelle étude
justifie désormais d’avancer de huit ans cette échéance ? Avec quelles garanties sur le
prix et la disponibilité des engrais ?

Pour les grandes cultures, le phosphore est un élément indispensable à la sécurisation
des rendements. Réduire le nombre d’engrais et de pays fournisseurs susceptibles de
satisfaire ces nouvelles exigences ne réduira pas les besoins des plantes : cela risque
surtout d’augmenter les coûts et d’accentuer notre dépendance à un nombre encore plus
réduit de fournisseurs, sans garantie sur les prix ni sur les volumes disponibles pour
produire.

L’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et l’UNPT demandent donc au Gouvernement de
renoncer à cette trajectoire nationale et de maintenir la norme européenne comme
référence. La possibilité annoncée d’« adapter » ultérieurement le calendrier ne constitue
pas une garantie : une fois la trajectoire réglementaire fixée, chacun sait combien il sera
difficile de revenir dessus !