Après trois années marquées par des revenus négatifs pour les producteurs de grandes cultures, la récolte 2026 creusera encore davantage les difficultés économiques des exploitations céréalières. Les rendements chutent une nouvelle fois, avec de fortes disparités entre les cultures et les territoires. Dans ce contexte, l’AGPB appelle le Gouvernement à prendre sans attendre des mesures à la hauteur de l’urgence.

Paris, le 30 juillet 2026 – Les moissons 2026, débutées avec près de deux semaines d’avance, sont désormais achevées. Les premières observations font apparaître des rendements inférieurs aux moyennes quinquennales, avec une hétérogénéité particulièrement importante entre les régions et les exploitations.

Selon les premières estimations d’Arvalis, la récolte 2026 se caractérise par une forte hétérogénéité des rendements, globalement inférieurs aux moyennes quinquennales. En blé tendre, le rendement moyen national est estimé à 70 q/ha, soit 3 % de moins que la moyenne. En blé dur, le rendement moyen atteint 51 q/ha (-4 % par rapport à la moyenne), avec des résultats particulièrement décevants dans plusieurs bassins de production. Les orges affichent également des résultats contrastés : les orges d’hiver enregistrent un rendement moyen de 63 q/ha, proche de la moyenne mais toujours avec de fortes disparités régionales, tandis que les orges de printemps atteignent 53 q/ha, un niveau globalement inférieur aux références habituelles.

Derrière ces moyennes nationales se cachent des écarts parfois considérables entre régions et exploitations, liés notamment aux excès d’eau hivernaux, au déficit de rayonnement observé dans certaines zones ainsi qu’aux épisodes de canicule et au manque d’eau en fin de cycle.

Cette situation exige des mesures rapides de la part du gouvernement à intégrer d’urgence dans le prochain budget de l’Etat. Une attention particulière doit notamment être accordée aux zones intermédiaires, où les exploitations cumulent des potentiels agronomiques plus limités, une forte exposition aux aléas climatiques et une fragilité économique croissante. Sans accompagnement adapté, le risque de voir la production céréalière reculer durablement dans ces territoires est réel.

Pour l’AGPB, les rendements 2026 confirment que la réponse au défi climatique passe aussi par des politiques qui donnent aux céréaliers les moyens d’investir et d’innover. Sélection variétale, protection des cultures, accès à l’eau, recherche agronomique et compétitivité sont autant de leviers indispensables pour maintenir le potentiel de la production céréalière française.

« Chaque campagne défie la capacité d’adaptation des céréaliers. Nous ne pourrons pas préparer l’avenir si, dans le même temps, nos moyens de production continuent d’être remis en cause. Préserver notre capacité à produire est aujourd’hui un enjeu de souveraineté alimentaire. », déclare Éric Thirouin, Président de l’AGPB

Source : Arvalis, synthèse d’experts issue d’enquêtes régionales et des remontées des organismes collecteurs, juillet 2026.